novembre 26

Être des guérisseurs blessés dans un monde brisé

L’évêque de l’un des diocèses les plus jeunes du Kenya, le révérend Paul Korir, se passionne pour l’idée de diriger les églises de sa région avec de nouvelles formes de mission.

Fondé en janvier 2016, le nouveau diocèse de Kapsabet, dans l’ouest du Kenya, s’est donné pour mission de se rapprocher des jeunes et d’aider la nouvelle génération à comprendre la parole de Dieu.

L’évêque de Kapsabet s’est entretenu avec l’équipe de la Conférence de Lambeth sur la question du leadership et sur la façon dont, selon lui, la Communion anglicane peut porter remède à un monde en souffrance.

Comment décririez-vous votre rôle de leadership en tant qu’évêque ?

« En tant qu’évêques et leaders, nous nous voyons confier la mission d’être les gardiens de la spiritualité du peuple. Nous sommes aussi les porteurs de vision, ceux à qui a on a confié le soin de rallier le peuple autour de cette vision, une vision qui doit être partagée dans un langage compréhensible par tous. »

« Je me vois également comme un symbole d’unité », a-t-il ajouté. « Ainsi, en tant que leader, vous êtes appelé à mobiliser le peuple autour d’une vision, autour des ressources et autour de la durabilité. Vous êtes appelé à servir. Vous devez être présent, aux côtés des gens aussi bien dans les moments difficiles que dans les moments de joie. Le ministère de la présence est très, très important pour un leader. Tels sont donc les trois mots qui me viennent à l’esprit pour dire qu’un évêque est un véritable leader : bienveillance, dévouement et sens de la mobilisation. »

Que faut-il faire, selon vous en tant que leader, pour soutenir les gens dans votre région du monde ?

« Nous sommes appelés à nous engager dans la formation de disciples – Jésus appela l’Église à le faire. Pour moi, la priorité absolue devrait être la mission, gagner des âmes au Christ, faire connaître Dieu pour permettre la continuité de son Royaume. »

L’évêque Paul dit que la formation de disciples imprégnés de la parole de Dieu est également une priorité. « La question de l’éducation en est une autre », a-t-il ajouté. » L’apprentissage de la Bible est un élément primordial dans le sens où cela permettra aux chrétiens de connaître et de comprendre la parole de Dieu. »

L’évêque Paul croit que l’aumônerie dans les écoles et les universités est une excellente voie pour se rapprocher des enfants et des jeunes. « Je considère cela comme une priorité. C’est une question d’urgence quand il s’agit de faire connaitre la parole de Dieu à la prochaine génération. »

Il a, par ailleurs, rappelé que la lutte contre le changement climatique et le soutien à la durabilité de l’Église étaient deux autres priorités dans son diocèse. « Nous devons nous réorganiser », a-t-il dit, « en faisant de notre action en faveur de la lutte contre le changement climatique une partie intégrante de notre mission. Nous devons également aider l’Église à répondre aux besoins du monde entier… en agissant localement, mais avec une vision plus globale ».

Qu’espéreriez-vous des rencontres des évêques dans le cadre de la Conférence Lambeth ?

« La Conférence de Lambeth sera pour nous l’occasion de renouer avec notre sentiment d’appartenance. C’est une famille. Je vois cela comme un rassemblement de famille. C’est comme revenir chez soi pour raconter ses périples. Nous avons été sur le champ de bataille, peut-être que d’autres ont été blessés, et nous retournons à nos familles. Je vois donc ce sentiment d’appartenance comme un rappel que nous ne sommes pas seuls, que chacun de nous pourra toujours trouver quelqu’un sur qui compter. J’ai hâte de rencontrer mes frères et sœurs évêques, ne serait-ce que pour échanger autour du Royaume de Dieu. C’est une famille. C’est un rassemblement familial. C’est une bénédiction. »

Comment la Communion anglicane peut-elle être une force au service du bien dans le monde ?

« Je pense que nous devons agir comme des guérisseurs blessés. Nous devons panser les blessures des gens qui en souffrent. On vit dans un monde où tant de gens vivent dans la souffrance, soyons donc des guérisseurs. Que la Communion anglicane apporte des guérisseurs blessés à même d’aider l’humanité à se rétablir et à aller de l’avant. Faisons en sorte que notre façon de faire soit reconnue. Mais je pense que nous devons regarder bien au-delà. Nous sommes une église qui se veut missionnaire et qui peut résister à l’épreuve du temps. »

L’évêque Paul se dit convaincu que la Communion anglicane doit être fière de son identité. « Je pense que parfois, en tant que Communion anglicane, nous nous inscrivons en petites lettres, alors que nous devons crier haut et fort notre identité. Nous devons nous féliciter de notre histoire et de notre héritage. »

« Je crois que chacun d’entre nous doit faire sa part pour le bien-être du royaume de Dieu, peu importe son contexte. Nous devons être présents dans la vie et dans le ministère là où nous œuvrons, depuis le cercle familial jusqu’à la communauté, la région et l’église locale. J’aimerais également que nous consacrions beaucoup d’énergie dans le renforcement de la famille, qui à son tour renforcera l’église locale, la paroisse et même le diocèse. »

L’évêque dit espérer que les conclusions de la conférence seront prises au sérieux et mises en pratique partout dans le monde, au niveau local.
« Nous devons veiller à ce que les résolutions de la Conférence de Lambeth soient mises en œuvre, prenons cela comme un pacte, car nous sommes une famille. Que vous veniez du nord, du sud, de l’ouest ou de l’est, il faut que vous ayez ce sentiment d’appartenance. Nous devons aussi y faire participer les laïcs, la majorité de la Communion anglicane, les inviter à prendre part à cette entreprise… Je pense que nous devons nous ouvrir aux laïcs, leur demander de nous prêter leur regard sur le monde qui nous entoure et de nous aider à susciter des changements et des initiatives. Ainsi, ce prêtre ou cet évêque, j’aimerais qu’il voie ce lecteur laïc, cet enseignant du dimanche, ces enfants qui sont dans l’église, se lever et dire « ceci est notre église », s’y tenir, y participer et aller de l’avant. »

« J’aimerais que nous ayons une église ouverte sur l’extérieur lorsque nous nous réunirons à la Conférence de Lambeth. Engageons-nous avec détermination dans la lutte contre le changement climatique, le VIH/SIDA et la pandémie de la Covid-19. Je prie pour que la Communion anglicane soit à la hauteur de cet événement… pour faire avancer le Royaume de Dieu, en nous serrant les coudes et en avançant ensemble. »


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